Un prêt peut être souscrit sans la signature du conjoint dans plusieurs situations, mais l’absence de signature ne suffit pas toujours à déterminer qui supportera la dette. Il faut distinguer le statut du couple — mariage, PACS ou concubinage —, le régime matrimonial lorsqu’il existe, la nature du crédit, le consentement éventuel du partenaire et la qualité de co-emprunteur.
Être en couple n’impose pas de signer tous les crédits à deux. Un époux, un partenaire pacsé ou un concubin peut donc, en principe, souscrire seul un crédit sous réserve des règles propres à son statut et à l’opération envisagée. Le prêteur reste libre d’accepter ou de refuser la demande après étude de la solvabilité de l’emprunteur.
Pour les époux mariés sous un régime de séparation de biens, chacun répond en principe de ses dettes personnelles, sous réserve notamment des règles relatives aux dettes ménagères. Sous un régime communautaire, l’étendue des biens pouvant être engagés dépend notamment de la nature du crédit et du consentement du conjoint. Les partenaires pacsés obéissent à des règles distinctes de solidarité pour certaines dettes de la vie courante, tandis que les concubins ne deviennent pas débiteurs l’un des engagements de l’autre du seul fait de leur vie commune.
Signer le prêt, consentir à l’opération et devenir co-emprunteur sont trois situations différentes. Le consentement du conjoint peut produire certains effets patrimoniaux sans faire automatiquement de lui un co-emprunteur. Deux co-emprunteurs, eux, sont engagés envers la banque selon le contrat.
Dans le régime légal de communauté, l’article 1415 du Code civil prévoit qu’un époux qui souscrit seul un emprunt n’engage en principe que ses biens propres et ses revenus. Si l’autre conjoint donne son consentement exprès à l’emprunt, les biens communs peuvent également être engagés, mais les biens propres du conjoint qui a seulement consenti ne le sont pas pour autant.
Indépendamment de cette règle, l’article 220 prévoit la solidarité entre époux pour certaines dettes ayant pour objet l’entretien du ménage ou l’éducation des enfants. Pour un emprunt souscrit sans le consentement des deux époux, cette solidarité n’est toutefois admise que pour des sommes modestes nécessaires aux besoins de la vie courante et à condition que, lorsqu’il existe plusieurs emprunts, leur montant cumulé ne soit pas manifestement excessif au regard du train de vie du ménage.
À l’égard du prêteur, la personne qui a souscrit le crédit est en principe le débiteur contractuel. Il faut ensuite vérifier si une règle légale de solidarité ou un autre engagement contractuel rend également une seconde personne tenue au paiement. Les emprunts ne relèvent pas automatiquement de la solidarité des dettes du ménage.
Un conjoint qui découvre un crédit qu’il n’a jamais signé ne doit pas demander automatiquement une désolidarisation : il faut d’abord établir s’il est juridiquement engagé. Une signature contestée relève d’une problématique différente.
La réponse change selon l’opération. Principaux cas :
La désolidarisation concerne un co-emprunteur déjà engagé qui souhaite être libéré de ses obligations envers le prêteur. Elle ne résulte pas automatiquement d’une séparation, d’un divorce ou d’un accord entre ex-conjoints. La banque doit accepter de libérer l’un des débiteurs.
Elle vérifie si l’emprunteur restant peut supporter seul les échéances. En cas de refus, les deux signataires restent engagés. Pour approfondir cette situation, consultez le guide sur le rachat de crédit immobilier après une séparation.
Un accord entre les ex-conjoints ou une décision organisant entre eux la prise en charge des échéances ne libère pas, à lui seul, un co-emprunteur de ses obligations envers le prêteur. Celui-ci reste lié par le contrat tant que la banque n’a pas accepté sa désolidarisation ou qu’une opération permettant de solder le prêt n’a pas été réalisée.
Un rachat de crédit adapté à une nouvelle situation financière peut être étudié lorsque plusieurs dettes doivent être réorganisées. Il ne garantit ni acceptation ni économie : réduire la mensualité en allongeant la durée peut augmenter le coût total.
Peut-on emprunter seul quand on est marié ?
Oui. Le mariage n’impose pas systématiquement de souscrire tous les crédits à deux. Les conséquences d’un emprunt signé par un seul époux dépendent toutefois du régime matrimonial, de la nature de la dette et, dans certains cas, du consentement exprès de l’autre conjoint.
Dois-je payer un crédit que mon conjoint a souscrit sans me prévenir ?
Pas automatiquement. Il faut vérifier qui a signé, l’objet de la dette et si une règle de solidarité s’applique.
Faut-il se désolidariser d’un prêt que l’on n’a jamais signé ?
Pas nécessairement. Elle vise un emprunteur déjà engagé ; il faut d’abord établir la réalité de l’engagement.
Que faire si ma signature a été imitée ?
Une personne qui conteste avoir signé le crédit doit signaler rapidement cette contestation au prêteur et conserver les éléments permettant d’établir l’absence de consentement. Selon la situation, des démarches judiciaires ou pénales peuvent être nécessaires.
Points essentiels : Pour comprendre les recours en cas de difficultés financières ou de dettes contestées, consultez la procédure de surendettement, les protections et le rôle de la commission.
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